Bannière cookies en Belgique : les règles de l’APD et la check-list
Ce que l’Autorité de protection des données attend d’une bannière de cookies, traduit en contrôles que vous pouvez faire vous-même sur votre site, avec une check-list d’audit.
En bref. Selon l’Autorité de protection des données (APD), un site ne peut en principe déposer ou lire un cookie qu’après avoir informé clairement le visiteur et obtenu son accord. Deux cas seulement y échappent : les cookies strictement nécessaires à un service demandé et ceux nécessaires à la transmission d’une communication. Le cookie analytique demande en principe un accord. Refuser doit être proposé au même niveau qu’accepter, les murs de cookies sont interdits et le retrait doit rester aussi facile que l’accord.
À retenir
- Selon l’APD, l’information claire et l’accord du visiteur viennent avant tout dépôt ou toute lecture d’un cookie ou d’une technologie similaire.
- Seuls deux cas échappent au consentement : les cookies fonctionnels strictement nécessaires à un service demandé et les cookies techniques nécessaires à la transmission d’une communication.
- Pour l’APD, un cookie de mesure d’audience ne relève en principe d’aucune de ces deux exemptions.
- Un bouton de refus au même niveau que le bouton d’acceptation, aucun mur de cookies et un retrait aussi simple que l’accord sont attendus.
- Un audit commence par l’inventaire de ce que le site dépose avant tout clic, puis par le test du refus et du retrait.
Les deux seules exemptions au consentement selon l’APD
L’APD ne prévoit que deux cas où un cookie peut être déposé sans accord. D’une part, les cookies fonctionnels strictement nécessaires à un service expressément demandé (choix de la langue, préférences de cookies, panier d’achat, sécurité d’une application bancaire). D’autre part, les cookies techniques strictement nécessaires à la transmission d’une communication (par exemple la répartition de charge, qui distribue les visites entre plusieurs serveurs).
| Type de cookie ou de stockage | Exemple cité par l’APD | Exemption possible | Ce qu’il faut vérifier |
|---|---|---|---|
| Fonctionnel | Choix de la langue | Oui, s’il est strictement nécessaire | Le visiteur a choisi une langue et l’élément ne sert qu’à retenir ce choix |
| Fonctionnel | Préférences de cookies | Oui | L’élément enregistre seulement le choix fait dans la bannière |
| Fonctionnel | Panier d’achat | Oui | Il sert au panier et à rien d’autre (pas de relance publicitaire) |
| Fonctionnel | Sécurité d’une application bancaire | Oui | Il protège un service que l’utilisateur a expressément demandé |
| Technique | Répartition de charge | Oui | Il est indispensable à l’acheminement de la page |
| Tout autre cookie ou stockage | Aucun | Non | Il passe par l’accord préalable du visiteur |
Le critère décisif tient en deux mots : strictement nécessaire, et nécessaire au service que le visiteur a lui-même demandé. L’utilité pour l’entreprise ne suffit pas. Un cookie qui aide à mieux connaître ses visiteurs peut être précieux pour vous ; il ne rend aucun service que le visiteur a sollicité.
Pour classer un élément, posez deux questions dans l’ordre. Le visiteur a-t-il demandé une action précise (changer de langue, remplir un panier, se connecter) ? Sans cet élément, cette action échoue-t-elle ? Si l’élément n’est pas strictement nécessaire au service demandé, il sort de l’exemption.
Méfiez-vous des catégories préremplies par les outils de bannière. Vérifiez que la catégorie « nécessaires » de votre outil ne contient que des éléments correspondant aux exemptions. Le nom de la catégorie ne crée pas l’exemption : c’est la fonction réelle de chaque élément qui compte.
Accepter et refuser doivent figurer au même niveau de la bannière
Le premier écran de la bannière doit offrir le refus aussi directement que l’acceptation. Pour l’APD, un bouton « accepter tous les cookies » sans bouton « refuser tous les cookies non strictement nécessaires » au même niveau compromet le caractère libre du consentement.
Voici à quoi ressemble une première couche cohérente avec cette exigence :
- Un bouton « refuser tous les cookies non strictement nécessaires » figure au même niveau que le bouton « accepter tous les cookies ».
- Les libellés disent ce qu’ils font, par exemple « Tout refuser » et « Tout accepter ».
Le panneau de détail obéit à la même logique. Chaque catégorie autre que les éléments exemptés y apparaît désactivée tant que le visiteur ne l’a pas activée lui-même ; une case précochée ne vaut pas accord, un point repris dans la section suivante.
Faites le test sur votre téléphone autant que sur ordinateur. Vérifiez que le bouton de refus reste au même niveau que l’acceptation, y compris sur téléphone.
Si votre outil de bannière ne permet pas d’afficher le refus sur la première couche, la correction se trouve dans ses réglages ou dans le choix d’un autre outil : posez la question à la personne qui gère votre site avant de modifier les textes.
Inventorier ce que votre site dépose réellement
L’inventaire se fait en une visite du site, dans un navigateur propre, sans toucher à la bannière. C’est la seule façon de savoir ce qui est déposé avant tout choix, puis ce qui s’ajoute après acceptation.
La méthode pas à pas
- Ouvrez une fenêtre de navigation privée, pour partir d’un navigateur sans cookies existants.
- Ouvrez les outils de développement du navigateur (clic droit, puis « Inspecter ») et repérez la rubrique consacrée au stockage.
- Chargez votre page d’accueil sans cliquer sur la bannière, puis relevez les cookies, le stockage local et le stockage de session. Les technologies similaires aux cookies relèvent de la même règle : ne les oubliez pas.
- Notez le domaine de chaque élément. Un domaine qui n’est pas le vôtre signale souvent un contenu tiers intégré : vidéo, carte, widget d’avis, outil de chat, bouton de réseau social.
- Refaites l’exercice après avoir cliqué sur « Tout refuser », puis dans une nouvelle fenêtre après « Tout accepter ».
Classez ensuite chaque ligne selon les deux exemptions. Tout ce qui apparaît avant le choix et n’entre dans aucune d’elles est à corriger en priorité.
Les questions à poser à votre prestataire web
- Quels scripts se chargent avant que le visiteur ait fait son choix dans la bannière ?
- Qui a ajouté chacun d’eux, à quelle date, et à quoi sert-il ?
- Quels contenus tiers sont intégrés aux pages, et déposent-ils leurs propres éléments ?
- Que contient la catégorie « nécessaires » de la bannière, ligne par ligne ?
- Le refus bloque-t-il réellement ces scripts sur toutes les pages ?
À titre d’exemple de choix d’atelier, pixel-ia.io n’utilise aucun cookie publicitaire, aucun traceur marketing et aucun outil d’analyse d’audience. Cela ne dispense pas d’inventaire : le fil de la conversation de son assistant y vit dans le stockage de session du navigateur. Si vous installez un assistant conversationnel sur votre site, demandez où il conserve ses données sur l’appareil du visiteur, puis classez cet élément comme les autres au regard des deux exemptions.
Questions fréquentes
Mon site vitrine n’a ni boutique ni publicité : ai-je besoin d’une bannière de cookies ?
Tout dépend de ce que le site dépose réellement. Selon l’APD, seuls les éléments qui sortent des deux exemptions (fonctionnels strictement nécessaires à un service demandé, techniques nécessaires à la transmission) exigent un accord préalable. Un site qui ne dépose rien d’autre n’a pas d’accord à recueillir pour ces éléments. Faites d’abord l’inventaire dans les outils du navigateur : un outil de statistiques, une vidéo ou une carte intégrée suffit souvent à changer la réponse.
Puis-je utiliser Google Analytics sans bannière sur un site belge ?
Pour l’Autorité de protection des données, un cookie à finalité analytique ne relève en principe d’aucune des deux exemptions, parce qu’il fournit des statistiques à l’éditeur et non un service demandé par le visiteur. Un outil de mesure d’audience doit donc, en principe, attendre l’accord du visiteur avant de se charger. Sans bannière qui recueille cet accord, il ne devrait pas tourner. Si un prestataire affirme le contraire pour un outil précis, demandez-lui sa base écrite.
Un bouton « refuser » placé dans les paramètres suffit-il ?
Non, selon la position de l’APD. Si le visiteur doit ouvrir un second écran pour refuser alors qu’il accepte en un geste sur le premier, les deux choix ne sont plus au même niveau. Placez « Tout refuser » sur la première couche de la bannière, à côté de « Tout accepter ».
Les vidéos YouTube ou les cartes intégrées à mes pages sont-elles concernées ?
Elles peuvent l’être. Un contenu tiers intégré peut déposer ses propres cookies ou utiliser le stockage du navigateur, et la règle de l’APD vise toutes les technologies qui stockent ou lisent des informations sur l’appareil. Contrôlez, avec les outils de développement, ce que chaque contenu intégré dépose. S’il dépose quelque chose qui n’entre dans aucune exemption, il doit attendre l’accord. Une solution consiste à afficher un encart qui ne charge le contenu qu’après acceptation, en gardant l’information essentielle en texte.
Un cookie qui mémorise la langue choisie demande-t-il un accord ?
En principe non. L’APD cite le choix de la langue parmi les exemples de cookies qui échappent au consentement, parce qu’ils sont indispensables à un service que le visiteur a lui-même demandé. La condition est que le visiteur ait choisi une langue et que le cookie serve uniquement à retenir ce choix. Si le même cookie sert aussi à autre chose, par exemple à des statistiques, il sort de l’exemption et doit passer par la bannière.
Le chat installé sur mon site doit-il passer par la bannière ?
Il faut d’abord savoir ce qu’il enregistre sur l’appareil du visiteur. Un chat peut utiliser des cookies, le stockage local ou le stockage de session, et ces technologies relèvent de la même règle que les cookies selon l’APD. Demandez à votre fournisseur la liste précise de ces éléments et leur rôle, puis classez chacun au regard des deux exemptions. Ce qui n’y entre pas attend l’accord du visiteur avant d’être déposé.
Puis-je bloquer l’accès au site tant que le visiteur n’a pas accepté ?
Non. L’APD n’autorise pas les murs de cookies : la personne qui refuse doit pouvoir continuer à utiliser le service. Un site qui floute son contenu, masque un formulaire ou bloque la navigation tant que les cookies ne sont pas acceptés tombe dans ce cas. Un contenu tiers précis qui dépose des éléments hors exemption doit de toute façon attendre l’accord du visiteur ; gardez l’information essentielle qu’il apporte disponible en texte, pour que le refus ne prive pas le visiteur du service.
Sources
- Autorité de protection des données : cookies (mise à jour du 17 novembre 2023)Établit la position de l’APD : consentement préalable, deux exemptions, cookie analytique en principe soumis au consentement, refus au même niveau, murs de cookies interdits, retrait aussi facile que l’accord.
- Google Search Central : AI features and your websiteIndique que les apparitions dans les fonctions d’IA sont comptées dans le rapport Performances de Search Console.
- Google Search Central Blog : rapports d’IA générative dans Search Console (3 juin 2026)Décrit les rapports de visibilité dans les fonctions d’IA générative, déployés pour tous les sites depuis le 31 août 2026.
- Bing Webmaster Blog : AI Performance in Bing Webmaster Tools (10 février 2026)Décrit le rapport qui compte les citations d’un site dans Copilot, sans dépendre d’un outil installé sur le site.
Guide publié par l’atelier Pixel-iA (M&R Solutions SRL, Hannut), établi à partir des sources citées ci-dessus. Publié le 29 octobre 2026.
Comment permettre au visiteur de retirer son accord aussi facilement qu’il l’a donné ?
Il faut offrir un chemin de retrait aussi court que celui de l’accord, et vérifier qu’il produit bien un effet. L’APD l’écrit sans détour : le consentement doit pouvoir être retiré aussi facilement qu’il a été donné.
Si l’accord se donne en un geste dans la bannière, prévoyez un retrait aussi simple, par exemple un lien qui rouvre le panneau. Voici comment le mettre en place et le contrôler.
L’erreur classique consiste à rédiger une page « Politique de cookies » qui explique comment supprimer les cookies dans chaque navigateur, sans aucun bouton sur le site. Le visiteur a accepté d’un clic ; on lui demande ensuite de fouiller les réglages de son navigateur. Le retrait n’est alors pas aussi facile que l’accord.
Autre piège : un lien de pied de page qui mène à une page de texte au lieu de rouvrir le panneau. Le lien existe, mais il n’offre aucun moyen d’agir. Cliquez dessus vous-même : il doit afficher les boutons, pas un règlement.